Blog

  • Me Bertrand COHEN-SABBAN: la parole est à la défense

    ELTEREN GETRENNT cherche à comprendre la sphère judiciaire pour que les familles qui s’adressent à nous sachent, le cas échéant, à quoi s’attendre.

    Le 08 juin 2015, cité judiciaire, nous sommes assis dans l’une des salles du tribunal d’arrondissement de Luxembourg : une chambre correctionnelle est amenée à juger une affaire pénale sur fond de droit de la famille (une femme a fait citer directement son ex-époux devant le tribunal correctionnel en lui reprochant de lui avoir porté des coups et fait des blessures en septembre 2011. Elle lui reproche également de l’avoir calomnieusement dénoncée devant la police).

    Me Bertrand COHEN-SABBAN, avocat exerçant en France et au Luxembourg, est en défense pour l’ex-époux.

    Au terme d’une plaidoirie charpentée de près de 30 minutes, nous nous entretenons.

    Rencontre.

    ELTEREN GETRENNTMe COHEN-SABBAN, vous sortez d’une plaidoirie sur fond d’un dossier familial tenu devant le tribunal correctionnel. Quel est votre sentiment ?

    Bertrand COHEN-SABBAN

    Peu importe mon sentiment. Le seul qui compte est celui des clients qui me font l’honneur de me confier leur défense. S’ils sont satisfaits du combat que j’ai mené pour eux, alors je le suis également.

    ELTEREN GETRENNTEst-il fréquent que des affaires initialement familiales prennent une dimension pénale ?

    Bertrand COHEN-SABBAN

    Les infractions pénales en matière familiale gravitent majoritairement autour de trois axes : 1°) les violences conjugales 2°) l’abandon de famille 3°) la non représentation d’enfant.

    Au Luxembourg comme en France, je constate que le parquet poursuit très régulièrement en matière de violences conjugales. Idem en matière d’abandon de famille.

    Pour ce qui est de la non représentation d’enfant en revanche, à la différence de la France, le parquet luxembourgeois ne m’apparaît pas enclin à agir.

    ELTEREN GETRENNTComment expliquez-vous cela ? 

    Bertrand COHEN-SABBAN

    Je ne me l’explique pas et ne peux donc vous l’expliquer.

    Je m’imagine des fois qu’il s’agit d’une volonté philisophico-politique du parquet visant à laisser en dehors des tribunaux correctionnels les conflits familiaux… mais la cohérence impliquerait alors de tenir le même raisonnement pour l’abandon de famille et les violences conjugales : ce qui ne peut convaincre.

    Il s’agirait peut-être de croire que certains délits sont « plus graves » que d’autres et que « les plus graves » auraient davantage leur place dans les prétoires que les autres.

    Du point de vue du droit d’une part, je ne peux m’y résoudre : si le législateur a fait de certains actes des délits, il ne peuvent être ainsi hiérarchisés.

    Du point de la morale d’autre part : je ne pense pas qu’il soit plus grave de ne pas payer de pensions alimentaires que de ne pas présenter les enfants à celui ou celle qui est en droit de les réclamer.

     ELTEREN GETRENNTQuelle est la dernière affaire de non représentation d’enfants s’étant soldée par des poursuites pénales dont vous avez eu personnellement à traiter ?

    Bertrand COHEN-SABBAN

    En France, il y a tout juste un an. Une mère a été condamnée à 4 mois d’emprisonnement avec sursis pour des faits de non représentation d’enfants.

    Je précise néanmoins que le droit pénal n’est pas une solution en soi. Je pense ici que la médiation familiale a son rôle à jouer en amont et qu’elle devrait être développée.

    Admettre que l’autre puisse avoir un point de vue est déjà en soi une première étape vers l’apaisement. Si en plus vous parvenez à comprendre ce que l’autre ressent, alors la médiation a fonctionné et les liens peuvent perdurer.

    ELTEREN GETRENNTCe que vous dites sur la médiation est intéressant, mais ELTEREN GETRENNT a déjà eu comme retour de ses membres que les avocats peuvent également envenimer la situation.

    On vous a d’ailleurs vu ce matin plaider sans épargner personne…

    Bertrand COHEN-SABBAN

    Vous posez ici la question du rôle de l’avocat dans les dossiers. De deux choses l’une, soit vous envisagez l’avocat comme étant un conciliateur, soit vous l’envisagez comme étant un défenseur.

    Pour concilier, il faut être deux.

    Pour défendre, il suffit d’être seul.

    Quant à la conciliation, dans la plupart des dossiers familiaux, son curseur est à géométrie extrêmement variable. On touche au passé, on effleure les sentiments, on se remémore l’adultère, la violence des échanges refait surface, on parle d’argent : que de vieux démons qui rejaillissent à n’importe quel instant pour, en un seul claquement de doigt, tout faire capoter.

    Quant à la defense, et puisque vous faites référence au dossier de ce matin, je pense qu’il ne peut pas être reproché à un avocat d’être percutant lorsqu’il plaide : il lui appartient, si les enjeux le commandent, de véhiculer ce que son client à sur le cœur.

    ELTEREN GETRENNTAvez-vous des dossiers que vous refusez par principe ?

    Bertrand COHEN-SABBAN

    Demandez-moi de défendre une cause, ma porte pourra se refermer.

    Demandez-moi de défendre un Homme, elle restera ouverte.

    ELTEREN GETRENNT: Un grand merci à Me Bertrand Cohen-Sabban

    Note : Par jugement du 15 juillet 2015, le client de Me COHEN-SABBAN a été acquitté des toutes les infractions qui lui avaient été imputées.

  • FRANCE – Ruptures familiales : des solutions à trouver ensemble

    juin 2015

    Ruptures familiales : des solutions à trouver ensemble

    Le Haut Conseil de la Famille organise une journée de réflexion autour de la question des ruptures familiales, ce mardi 9 juin 2015, au ministère des Affaires sociales, de la Santé et du Droit des femmes. Christiane Taubira a ouvert le colloque par un discours ancré dans la réalité et dans lequel elle décrit les mesures mises en œuvre par le ministère de la Justice.

    La présence du juge est-elle nécessaire ?

    Répondant à cette question, la garde des Sceaux rappelle l’importance de l’aspect privé de la séparation « puisqu’il est question de sentiments » puis de convenir que « la puissance publique doit se préoccuper de l’équilibre et de l’équité entre les parties ». Aussi, le juge, « en bon technicien du droit et ayant une grande capacité d’écoute », doit pouvoir intervenir.

    C’est aussi pour la ministre l’occasion de revenir sur les travaux qu’elle a lancés en vue de la réforme de la justice civile, la justice du 21e siècle, pour une justice du quotidien. Ces travaux rejoignent le dernier rapport du Haut Conseil de la Famille, notamment sur deux sujets majeurs :

                – La médiation et la conciliation comme modes alternatifs de règlement des litiges forment une grande action de la réforme de la justice du 21e siècle. La ministre de la Justice a insisté sur un impératif : ces solutions ne doivent pas être utilisées comme palliatif au manque d’effectifs dans les juridictions par exemple. « La médiation et la conciliation ne doivent pas être traitées comme un pis-aller pour désengorger les juridictions. »

    Depuis 15 ans, la société s’oriente, de manière systématique, vers le service judiciaire. La ministre de la Justice en convient : « la société a cessé de chercher des solutions extra-judiciaires » et affirme : « pour que les citoyens participent à l’élaboration de leur propres solutions, cela implique un changement de culture ».

                – Un barème et des outils d’aide à la décision sont également étudiés par le Haut Conseil de la Famille et intégrés dans les dispositions de la réforme de la justice du quotidien menée par Christiane Taubira. Pour les prestations compensatoires ou l’établissement de la pension alimentaire notamment, la prévisibilité juridique est considérable. C’est pourquoi un barème et des outils d’aide à la décision ont été établis. Les contentieux « réguliers », ceux du quotidien, pourront ainsi être traités plus rapidement et de manière plus fluide. Il s’agit d’unifier et de stabiliser la jurisprudence sur tout le territoire.

    Pour finir, la ministre de la Justice a insisté sur sa volonté de rendre la justice plus horizontale. En favorisant le dialogue social, l’objectif est de revenir à une culture participative dans laquelle « on cherche à résoudre ensemble les désaccords, où les solutions sont construites, en commun ».

  • Accès au profil des enfants à travers myguichet.lu refusé aux parents qui ne vivent pas à la même adresse

    Par courrier du 27 juillet 2015, les services du Ministre de la Fonction Publique et de la Réforme administrative, Monsieur Dan KERSCH,  informent l’asbl “Elteren Getrennt” que nos doléances relatives aux restrictions d’accès aux données personnelles des enfants pour les parents qui ne vivent pas à la même adresse, seront soumises à la Commission du registre national, prévue par l’article 11 de la loi modifiée du 19 juin 2013 relative à l’identification des personnes physiques.

    Ci-après vous trouverez l’extrait initial de notre courrier du 15 avril 2015 adressé, entre autres, àMonsieur le Ministre de la Fonction publique concernant l’accès au profil des enfants par le parent qui n’habite pas à la même adresse que l’enfant:

    … Pour clôturer ce volet, « EG » aimerait revenir sur l’article 4 (4) dudit règlement grand-ducal, lequel renvoi, pour l’établissement du passeport, aux données personnelles qui figurent dans le « Registre National des Personnes Physiques »  («RNPP »). Or, la simple consultation de ce registre présente actuellement, elle aussi, une discrimination du parent non-gardien par rapport au parent gardienen ce sens que le parent non-gardien n’est pas autorisé à consulter, au même titre que le parent gardien, le profil de son enfant à travers la plateforme www.myguichet.lu. L’accès à ces informations lui étant refusé avec le message qui suit :

    Screen Shot 2015-07-31 at 09.48.18

    D’après les informations reçues de l’administration concernée, le seul parent gardien a accès aux informations relatives aux enfants à travers cette plateforme, puisque le « Centre Informatique de l’Etat » (« CTIE ») n’est pas en mesure d’établir si le parent qui ne vit pas à la même adresse que l’enfant, dispose de l’autorité parentale ou pas. Dès lors, le CTIE refuse en bloc ce qui constitue pourtant un droit acquis pour l’ensemble des parents non-gardiens, au moins depuis les arrêts prononcés par la Cour constitutionnelle en 1999 et en 2008. Encore une fois, si l’autorité parentale conjointe, qui est de principe, était finalement introduite dans le Code civil, cette énième discrimination du parent non-gardien n’aurait pas lieu d’être.

    Dès lors, « EG » profite de la présente pour demander à Monsieur le Ministre de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative, de mettre en place une procédure qui tiendra compte dans le RNPP, de la situation réelle de chaque parent. Comme l’exercice conjoint de l’autorité parentale après la séparation et/ou le divorce est de principe, seuls les cas exceptionnels d’une déchéance de l’autorité parentale prononcée par un juge devraient faire l’objet d’une annotation dans le RNPP.

  • ELTEREN GETRENNT ASBL Ganz im Sinne der Gerechtigkeit

    Im Mai des Jahres 2014 wurde die gemeinnützige Vereinigung „Elteren Getrennt asbl.“ ins Leben gerufen. Sie setzt sich vor allem für die Gleichberechtigung der beiden Elternteile bei einer Scheidung ein. Eines der Hauptziele ist es, dass vor allem die Kinder nicht unter der Scheidung ihrer Eltern leiden müsse.

    LUXEMBURG Leider führt in vielen Fällen Streit in einer Beziehung gleich zur Trennung der beiden Partner. Wenn bei der Beziehung Kinder im Spiel sind, verstehen diese oft nicht, was sich zwischen den beiden Elternteilen abspielt. Die gemeinnützige Vereinigung „Elteren Getrennt asbl.“ setzt sich für allem dafür ein, dass die Kinder nicht unter der Trennung der beiden Elternteile leiden. „Was das elterliche Sorgerecht betrifft, sollte es vor allem eine Gleichberechtigung der beiden Partner geben. Diese ist leider noch immer nicht im Gesetz verankert. Deshalb fordern wir, dass der Justizminister sich für die Umsetzung eines solches Gesetzes engagiert“, erklärt der Präsident der Vereinugung, Romain Schroeder.

  • Autorité Parentale: Code civil non conforme à la Constitution et conséquences

    2015 05 04 Letzeburger Jounal

     

    Accédez à l’article en cliquant sur le lien ci-dessous:

  • Articles de loi non conformes à la Constitution: la réponse du Premier Ministre Xavier Bettel

    Articles de loi non conformes à la Constitution: Prise de position de Monsieur le Premier Ministre Xavier Bettel du 22 04 2015

  • Monsieur le Ministre: un deuxième passeport pour les mineurs ?

    Luxembourg, le 15 avril 2015

    Concerne :

    • articles 302, 378 et 380 du Code civil, contraires à la Constitution
    • documents d’identification (Passeport) des enfants mineurs
    • registre national des personnes physiques (RNPP)

    Messieurs les Ministres,

                L’association « Elteren Getrennt » (a.s.b.l.) « EG » souhaite par la présente, sensibiliser Monsieur le Ministre de la Justice, Monsieur le Ministre des Affaires étrangères et européennes, ainsi que Monsieur le Ministre de la Fonction publique et de la réforme administrative, aux difficultés récurrentes rencontrées par un grand nombre de parents séparés/divorcés. Ces difficultés aggravent considérablement certains conflits qui desservent l’intérêt de l’enfant ainsi que celui du maintien du lien familial.

    En premier lieu, « EG » souhaite rappeler la problématique qui existe toujours autour des documents d’identité des enfants mineurs. Dans son rapport 2014, l’ORK écrit, et à raison, que « les papiers d’identité et le carnet de santé n’appartiennent pas aux parents, mais aux enfants seuls ».

    Or, « EG » est régulièrement contacté par des parents qui se trouvent dans l’impossibilité de programmer un quelconque déplacement à l’étranger avec leurs enfants, ou de les inscrire par exemple, dans une colonie de vacances, du fait que l’autre parent refuse systématiquement de leur remettre les documents d’identité des enfants mineurs communs.

                 Pourtant, et pour citer encore l’ORK, « il apparaît conforme à un exercice conjoint de l’autorité parentale d’exiger que les papiers en question soient remis par chacun des père et mère à l’autre parent lorsque ce dernier a la charge des enfants ».

                 Le fait de priver l’autre parent des documents d’identité des enfants constitue une ingérence pure et simple dans la vie privée de celui-ci et soumettre la remise des documents d’identité de l’enfant à des conditions arbitraires ne contribue en rien à apaiser une situation souvent conflictuelle dans une période de la vie déjà suffisamment riche en émotions.

     … pour lire la suite, cliquez sur le lien ci-après.

    EG Courrier 14 04 2015 (Passeports)

  • L’INTERVIEW DU LUNDI : ALEXANDRA HUBERTY : “LA FEMME DOIT ÊTRE ACTIVE, MON QUOTIDIEN LE PROUVE”

    “Le pourcentage de divorces est énorme et il peut intervenir après deux jours d’union ou 45 ans ! J’ai un dossier où une femme de 79 ans demande le divorce”, affirme la juge. (Photos : Isabella Finzi)

    > Pour justifier sa politique familiale, le gouvernement a souvent évoqué le cas des familles monoparentales, des femmes divorcées sans emploi qui tombent dans la précarité. Est-ce effectivement ce que vous observez dans votre quotidien ?

    Alexandra Huberty : Tout d’abord, il y a deux périodes dans un divorce. Une première pendant et une seconde après que le divorce a été prononcé. Pendant le divorce, le devoir de secours qui existe entre époux est encore applicable. Le mari, dans la mesure du possible, doit encore subvenir aux besoins de sa femme. Après le divorce, l’article 300 du code civil qui concerne la pension alimentaire entre époux prévoit que les conjoints divorcés ne se doivent des aliments que si l’autre se trouve dans le besoin. L’état de besoin est défini par le tribunal de façon objective en prenant comme référence le seuil du revenu minimum garanti, le RMG.

    Toute femme divorcée qui ne peut pas, par elle-même, disposer de revenus au moins égaux à ce montant, peut s’attendre à une pension alimentaire maximale de 1 348,18 euros qui est le montant du RMG fixé par l’État pour une ménage composé d’un adulte…

    > Que se passe-t-il si l’époux ne peut pas payer ce montant ?

    C’est l’État qui verse le RMG. Si le conjoint débiteur d’aliments ne peut payer que 150 ou 200 euros par mois, il est condamné à verser ce qu’il peut payer et l’État complète ce montant jusqu’au seuil du RMG. Il y a énormément de dossiers dans lesquels les femmes touchent le RMG après un divorce. Les personnes susceptibles de toucher le RMG ne peuvent pas faire un divorce par consentement mutuel dans lequel elles renonceraient à une pension alimentaire. Elles se retrouvent alors toutes dans une procédure de divorce pour faute, raison pour laquelle notre pourcentage de dossiers où nous trouvons des femmes qui touchent le RMG est énorme, de l’ordre d’au moins un quart.

    > Ce sont des femmes qui ont arrêté leur carrière pour élever des enfants, des femmes qui n’ont pas de formation. Quel est le profil de ces femmes ?

    Nous avons de tout mais la majorité de ces femmes n’ont jamais travaillé ou sortent de couples qui étaient déjà bénéficiaire du RMG du temps de la vie commune.

    > L’abolition des deux allocations d’éducation et de maternité a-t-elle une influence sur la situation de ces femmes ?

    Je dirais que non car le RMG est un complément par rapport au revenu qu’on touche. Les femmes qui touchent l’allocation d’éducation et de maternité auront moins de complément du RMG. Cela ne les avance pas de toucher une allocation d’éducation du moment qu’elles sont bénéficiaires du RMG. Statistiquement, les femmes divorcées ont des enfants âgés de plus de deux ans donc ne sont plus concernées par ces deux allocations. En revanche, on trouve plus d’enfants en bas âge dans les séparations de couples non mariés.

    > Ces femmes que vous voyez lors des audiences que vous présidez possèdent-elles au moins une formation pour rentrer sur le marché du travail ?

    Il faut faire une différence entre les femmes qui ont été éduquées ici et les femmes des pays tiers, essentiellement celles qui viennent des pays de l’Est, du Brésil ou de Cuba dont les intentions sont clairement de venir au Luxembourg et de se marier. J’ai pu constater dans les dossiers que les femmes qui ont été éduquées ici retrouvent assez facilement un emploi.

    Si ce sont des femmes d’un certain âge qui ont terminé leur scolarité au niveau de la fin d’études secondaires, elles se replacent assez facilement dans le monde du travail. Ces femmes sont bien épaulées par les services sociaux qui œuvrent pour leur réintégration. Les femmes des pays tiers ont, comme premier handicap, de ne pas, ou mal, maîtriser les langues officielles du pays.

    > Êtes-vous d’avis que la suppression de ces deux allocations va inciter les femmes à changer de comportement ?

    Je ne pense pas qu’aujourd’hui, une femme qui gagne sa vie arrête sa carrière parce qu’elle touche une allocation d’éducation ou de maternité. En revanche, ces allocations n’incitent pas la femme qui n’a jamais travaillé à rechercher un emploi. Et quand, au bout de deux ans, la mère et l’enfant sont habitués à être ensemble, le couple a tendance à perpétuer ce modèle.

    > Avez-vous le sentiment que le gouvernement impose un modèle familial ?

    Je pense que cette politique familiale est déjà imposée actuellement par notre époque. Le temps où on se mariait avec la certitude d’avoir quelqu’un qui vous soutient financièrement jusqu’à la fin de votre vie est révolu depuis bien longtemps. Ce n’est pas la politique qui impose un modèle, c’est la vie. Personne aujourd’hui, le jour de son mariage, ne peut s’attendre à être soutenu financièrement à vie. Le pourcentage de divorces est énorme et il peut intervenir après deux jours d’union ou 45 ans! J’ai un dossier où une femme de 79 ans demande le divorce.

    > Est-il vrai que certaines femmes, au moment du divorce, s’exilent en France ou en Allemagne afin de bénéficier de la législation de ces pays, plus large en matière de pension alimentaire ?

    (Sourire) Je ne pense pas que les femmes vont s’installer en Allemagne, en France ou même en Belgique en partant de l’idée que la législation leur est plus favorable dans ces pays-là. En premier lieu, elles s’y installent parce que les loyers sont moins élevés. Naturellement, si elles s’installent définitivement dans ces pays, c’est la législation de leur nouveau pays de résidence qui s’applique aux obligations alimentaires d’après le Protocole de La Haye actuellement en vigueur.

    En France, par exemple, les époux se doivent une prestation compensatoire. Pareille prestation n’existe pas au Luxembourg. Il s’agit du paiement d’un montant forfaitaire en capital pour assurer au conjoint économiquement le plus faible le niveau de vie dont il disposait pendant le mariage. Cette prestation compensatoire tient compte de la durée du mariage. Donc s’installer de l’autre côté de la frontière française est avantageux surtout pour les femmes qui étaient mariées pendant très longtemps, qui ne disposent pas de revenus et dont les maris sont fortunés.

    En revanche, en Allemagne, la jurisprudence tend à dire que la femme doit, du moment qu’elle est apte à travailler, subvenir à ses besoins par son emploi. Effectivement, les montants alloués en Allemagne sont supérieurs à ceux attribués au Luxembourg.

    > Combien de dossiers avez-vous clôturés l’an passé ?

    Nous avons eu, l’année passée, 499 dossiers où le divorce pour faute a été prononcé et 740 consentements mutuels. Ce qui est surprenant, ce sont les durées divergentes des unions. Je ne m’attendais pas à avoir autant de dossiers de couples déjà retraités. Et c’est précisément dans ces dossiers-là que la situation devient plus délicate. La femme a droit à une pension alimentaire vu qu’elle n’est plus apte à travailler et là, effectivement, quand le mari dispose d’une toute petite retraite, l’État doit prendre le relais. Mais c’est un modèle de société que l’on ne peut plus se permettre aujourd’hui.

    > Comment cela ?

    Les dossiers que je vois m’incitent chaque jour à penser que la femme doit assurer son indépendance financière pour ne pas courir le risque de tomber un jour dans la précarité. Il est clair, et je peux les comprendre, que certaines femmes, après avoir consacré une grande partie de leur vie à l’éducation des enfants, se montrent abattues quand elles apprennent que cela ne leur donne pas droit à une pension alimentaire parce qu’elles sont aptes à travailler ou alors, tout au plus, à une pension du niveau du RMG alors que le mari aurait les moyens financiers pour verser une pension plus conséquente.

    On sent parfois une immense amertume de la femme qui s’est consacrée aussi à son époux durant toutes ces années. Évidemment, en fonction du régime matrimonial qui existait entre époux, ces femmes touchent leur part au niveau du partage. Mais le fait de toucher une pension alimentaire et celui de tomber ou pas dans la précarité dépend souvent de la bonne volonté du mari. Je dois néanmoins reconnaître que de nombreux époux, dans la mesure de leurs moyens, contribuent à éviter ce sort à leur épouse, quand ils le peuvent.

    > Que conseillez-vous aux femmes qui se présentent devant vous ?

    Je ne vois les parties qu’en fin de parcours, avant de se retrouver devant le juge du divorce, elles ont déjà fait du chemin. En début de procédure, les femmes demandent une pension alimentaire au juge des référés. Ce dernier fait le tri entre les femmes qui ont droit à une pension alimentaire pendant la procédure, c’est-à-dire celles qui n’ont pas de revenu et celles qui ont des revenus propres. Les femmes qui n’ont pas de revenu mais qui sont aptes à travailler touchent une pension alimentaire limitée dans le temps. Elles sont ainsi incitées à trouver un emploi déjà à ce stade de la procédure.

    Comme je le disais, si elles sont autochtones, elles retrouvent facilement un emploi. Beaucoup d’entre elles, déjà quinquagénaires, ont trouvé des postes dans des services comme “Hëllef doheem” grâce notamment à la maîtrise d’une voire de plusieurs langues du pays. Ainsi, quand elles se retrouvent au stade du prononcé du divorce, elles couvrent déjà elles-mêmes leurs besoins.

    > Le fait que les femmes soient très bien représentées dans la magistrature a-t-il influé sur la jurisprudence en matière de divorce et surtout de pension alimentaire ?

    J’ai bientôt vingt-cinq années de vie professionnelle à mon actif. En 1990, les femmes qui s’occupaient de l’éducation de leurs enfants touchaient, après divorce, des pensions alimentaires plus subséquentes. Comme la loi n’a pas changé entre-temps, le changement est d’origine jurisprudentielle. Il est bien possible que ce changement ait, à son origine, des femmes magistrats qui, tout en étant mères de famille, travaillent pour gagner leur vie. Après tout, ces femmes savaient pertinemment qu’il était tout à fait possible de concilier une vie professionnelle avec une vie familiale.

    Entretien avec notre journaliste Geneviève Montaigu

    Accéder à l’article: cliquez ici

  • Gilbert Pregno sur 100,7 – Les interventions de la police lors des placements d’enfants

    Gilbert Pregno parle des interventions de la police lors des palcements d’enfants par le Tribunal de la jeunesse et des tutelles.

    Elteren Getrennt rappelle que le parquet a soulevé dans sa conférence de presse sur la problématique de la non représentation d’enfants que la police n’interviendra pas au domicile d’un parent pour récupérer un enfant pour l’amener chez l’autre parent…

    Accéder à l’enregistrement sur 100,7

  • Elteren Getrennt – Nouveau Dépliant

    Cliquez ici pour télécharger votre copie du dépliant “Elteren Getrennt”

    Screen Shot 2014-12-01 at 14.03.29